« LA MONTAGNE »
Éloge de la différence
Allégorie sur la naissance possible d’un amour véritable




Voilà déjà quelques années que nous escaladons ensemble la montagne de l’existence, de l’existence-en-commun dans sa dimension relationnelle intime, voire amoureuse. À plusieurs reprises, incapable d’avancer, nous sommes retournés à des paliers inférieurs nous demandant parfois si le retour au camp de base, annuler l’expédition, ne serait pas la meilleure solution tellement l’aventure semblait improbable. Sans oublier ces chutes dans le vide, où, fort heureusement, nos ancrages et nos cordades ont tenu le coup. Mais nous voilà au sommet, pas au fond, au sommet dans le sens ou le plus difficile a été accompli faisant de nous des maîtres de la montagne. De cette hauteur, tout juste après avoir franchi le col le plus difficile, nous contemplons le chemin parcouru et celui à venir, l’autre versant, assurément plus facile à envisager. Nous aurions pu ne pas pouvoir franchir ce dernier col et y voir sombrer cette possibilité d’une existence-en-commun qui eût été inébranlable à jamais. Si nous avons atteint le sommet c’est donc que nous sommes rendus maîtres de la montagne, voire de notre existence-en-commun. Nous voilà donc rendus au point culminant où une question cruciale surgit : notre existence-en- commun vécue pendant l’ascension est-elle vouée à l’échec ou peut-elle être le gage de la réussite d’une existence-en- commun à venir durable? Ne pouvant demeurer sur le sommet, nous devons forcément répondre à cette question pour entamer notre descente, mais vers quel versant. Choisir le versant de la montée, cette fois en solitaire, sera certes plus difficile, plus risqué. Choisir ensemble lautre versant pour la descente avec l’assurance que le chemin parcouru procure, soit de pouvoir désormais compter l’un sur l’autre à jamais, semble assurément envisageable et moins risqué. Consentir à redescendre ce versant ensemble c’est nous engager à la sollicitude mutuelle dans le sens de « se soucier de... d’être concerné par » cet autre qui m’est si différent, c’est engager notre pensée et notre action pour le bien-être de l’autre. Si l’objectif du départ était le sommet de la montagne, il est désormais, avec la sollicitude, l’atteinte d’une existence-en-commun au quotidien vécue dans l’harmonie, la plénitude.




TRANSIRE BENEFACIENDO

(aller en faisant le bien) 




S’engager et se comporter de la sorte fait que soi-même on se sente bien parce qu’ayant fait le bien : on devient ce que l’on pense, ce que l’on fait, ce que l’on est, l’existence devenant dès lors Présence comparativement à une simple présence. L’Amour n’a pas à être nommé, il est à bâtir, à construire sur des bases solides lesquelles incluent : volonté, confiance, complicité, fidélité, fierté, dialogue, respect, liberté... ce que l’ascension de la montagne a su mettre à l’épreuve. Les gens qui font la Montagne on les nomme «Portageurs» dans le sens où chacun doit pouvoir, inconditionnellement, s’appuyer sur l’autre, compter sur l’autre, se soucier de l’autre certes, mais dans le sens également où le matériel y est partagé entre chacun avec son savoir spécifique : l’un est spécialiste des communications, l’un de la météo, l’autre de l’aspect médical, etc. C’est pour cela qu’ils se tiennent, qu’ils ne font qu’un en quelque sorte. C’est cette différence imposée et assumée au départ qui assure le succès d’une telle expédition. Or c’est la différence assumée et contrôlée qui est le substrat de toute forme d’énergie comme le vent auquel on oppose les pales de l’éolienne, comme l’eau à laquelle on oppose les pales de la turbine. De toutes ces oppositions surgit une énergie propre, durable, renouvelable. Au plan relationnel humain, cette énergie c’est l’Amour, rien de moins. Ainsi, l’Amour serait éco-énergétique. Prenons donc l’engagement sur ce sommet, de concilier nos différences, de les laisser produire au gré du temps l’énergie, l’éco-énergie qu’est l’Amour. Avec une telle énergie, nous sommes tellement différents toi et moi, la lumière, lumière véritable, saura éclairer notre route une fois redescendus sur la terre ferme. L’Amour, si on le veut véritable et durable, doit avoir été épuré sinon il risque de s’écrouler au moindre faux pas tel un ancrage mal fixé, et ce, malgré serment, promesse et engagement. L’assurance tire son essence non pas des croyances, mais de la sagesse que l’on a su tirer des expériences passées. 


« Bad beginnings always have nices endings » 




Voici une magnifique chanson de Gene Watson:
« Take Me As I Am » (Prend-moi comme je suis)







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