L'ENFANT (POÈME)



"L’ouverture que j’ai sur le monde, héritée de l’environnement propre à la période de la connaissance sensible (0-12 ans), est garante de ma manière actuelle d’être, d’exister, de me réaliser. Cet environnement est unique pour chacun. Quoiqu’il soit le meilleur quantitativement, il ne sera jamais l’idéal qualitativement. En conséquence, nous serons tous affectés à des degrés et dans des domaines différents. Ce que cet arbre a subi, nous ne le saurons jamais.
Peut-être a-t-il été piétiné par un animal ou un randonneur ayant dévié du sentier lorsqu’il n’avait que quelques centimètres. Malgré une certaine problématique lorsqu’il était petit, le milieu a quand même été favorable pour cet arbre. Plusieurs pays où famines et guerres sévissent sont à l’origine de graves problématiques : malnutrition, mortalité infantile, maladies diverses, viol, etc. Ainsi, plusieurs enfants de ce monde partent plus que perdants sur tous les plans. Si un arbre ne peut s’interroger sur ce qu’il a vécu, l’humain, parce qu’il n’est pas que substance, pas tous les humains faut-il le reconnaître, peut par contre se laisser questionner afin d’intégrer certains épisodes limitatifs de son enfance et ainsi changer le cours de son existence. Ayant compris cela et s’étant, par le fait même libéré, une telle personne se doit de faire tout ce qu’elle peut humainement afin, préventivement, d’aider les enfants, les adolescents et les parents de ce monde à accéder à plus de liberté, d’humanité."
[Extrait du livre Liberté]


Voici un magnifique poème de Mme Isabelle Racicot, que l'on retrouve dans mon dernier livre Liberté.


L'enfant

Le jour se lève,
L'enfant est au monde
De son espace, il se fait la sonde
Il crie, pleure, dort et respire
Ignorant le meilleur aussi bien que le pire

Tout entendre, tout découvrir
Les merles d’Amérique
Et les silences chaotiques
Les effluves de la mer
Les marées de poussière

Tout connaître, tout ressentir
Le velouté d’un baiser
Et la rudesse du brasier
Les délices d’Épicure
Le goût âcre de l’injure

Et puis le monde, à des rêves il aspire
Cherche le meilleur, parfois frôle le pire
Sans penser que l’enfant est le monde
L’univers entier dans une seule éponge